« Pointe de douceur », poème n°30 de mon ouvrage n°7. 1004ᵉ poème publiable.
Alternance en genre toujours facultative dans mes poèmes de cet ouvrage.
Pointe de douceur
Aurélien Ridon du Mont aux Aigles
Le trouble du brouillard stagne au travers d’anneaux
D’or que l’aube finie laisse en rayons voler ;
Quand ses morceaux s’échouent sur l’étique radeau
Abandonné au plan d’eau, triomphe l’été.
Le bêlement rustique, et ne s’arrêtant point,
De la chèvre la plus matinale de toutes,
Est ouï du fermier qui devança de loin
Chacun des durs réveils des bœufs au bord des routes.
Comme une odeur de miel perce la ferme fraîche,
C’est celle qu’en août l’on sent près des poiraies,
Ou celle qu’un purin idéalisé prêche
À l’esprit du poète errant sur ses sommets.
L’air palustre mêlé à celui que les champs
Récemment moissonnés émettent sans vergogne,
Vient croiser la moiteur qu’a le matin flottant
À revendre à qui quiert douceur dans sa besogne.

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