Le faucheur
Léonce Depont
Le soleil fait voler, par l’espace empourpré,
Ses flèches d’or ; le chant divin de l’alouette
Vibre, et du vieux faucheur la mâle silhouette
S’accuse nettement sur le velours du pré.
Depuis l’aube, le col largement échancré,
Poitrine au vent, il tond l’herbe drue, et halète,
Et l’éclair de la faux, entre ses mains d’athlète,
Rythme le chant divin et le labeur sacré.
Là-bas, enfants joyeux, maternelles aïeules,
Munis de lourds râteaux, arrondissent en meules
Le regain odorant qui cachait le grillon ;
Et tandis que chacun de noble ardeur se grise,
Soudain, du bon clocher la tour croulante et grise
Leur adresse de loin son plus doux carillon.

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