« Concoctage », poème n°139 de mon ouvrage n°6. 698ᵉ poème publiable.
Concoctage
Aurélien Ridon du Mont aux Aigles
L’abeille revenant de concocter son miel,
Circule à pleine ailure autour des rosiers courts.
Les mesnils s’entassant au fond du vieux hamel,
Font tout mon horizon, et j’en salue l’atour.
La brume continue, inépaisse et stérile,
Est ici, d’un ciel lourd, largement découverte ;
Des pluies ne battront pas l’eau qui déjà batille
En bordure du ru, du fleuve, la desserte.
Du blé, la poussière âcre et née de son fauchage,
En flottant dans l’air doux, fait toute une inertie,
Puis arrive au moulin ruiné dont le jambage
De pierres seul subsiste, et l’embrasse en amie ;
Et dans cette ironie, elle est un peu farine,
S’offrant, lors, toute faite à la huche invisible,
Revisitant le siècle achevé où la mine
Du pain est peu à peu devenue irascible.
Cette poussière drue qu’un rayon preux fendille,
Bientôt en laisse un autre, et puis moult la percer ;
Alourdi d’idéaux, assourdi par les vrilles
Des machines allant, tambour battant, brosser
Les cultures à soi dévouées amplement,
L’on pense et l’on retourne une idée après celle
Que l’on a neutrement chantournée juste avant,
Jamais vraiment repu de ces philtres fidèles.
Il y a tout un sens qui monte ici et vainc ;
Dans son courant subtil, l’on s’embarque, allégé,
Songeant diligemment à l’extase du thym
Qui dans l’air, au récit insolite inventé,
Se mêle à la lenteur des fléaux de naguère
Qui du champ de blé jaune extrayaient le grain mûr.
Et l’on lie un contraste à une idée très claire,
Séparant, des pensées, la mesure du fur.

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